30.10.26
🚀 Financement startups Europe : +scale avec F. européen15 min de lecture3 097 mots

🚀 Financement startups Europe : +scale avec F. européen

Découvrez comment le Fonds européen d’investissement soutient le financement des startups en Europe : priorités, European Tech Champions Initiative, capital-risque et souveraineté.

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🚀 Financement startups Europe : +scale avec F. européen

Les startups europĂ©ennes pourront-elles grandir sans partir ?

L'Europe sait lancer des startups. Mais quand il faut passer Ă  l'Ă©tape d'après - recruter, industrialiser et se dĂ©ployer sur plusieurs marchĂ©s - le nerf de la guerre devient vite le mĂŞme : l'argent. Et Ă  un moment, certaines Ă©quipes finissent par aller chercher plus gros ailleurs, ce qui peut entraĂ®ner un dĂ©placement de leurs activitĂ©s.

C'est ce que Jean-Christophe Laloux, futur directeur gĂ©nĂ©ral du Fonds europĂ©en d'investissement (FEI), a mis en avant lors de Wave by Vento, Ă  Turin, le 9 octobre 2026. Pour lui, "innover en Europe" ne suffit pas : il faut aussi pouvoir y changer d'Ă©chelle. Dans ce cadre, la souverainetĂ© ne veut pas dire fermer les marchĂ©s ou s'accrocher Ă  des acteurs locaux par rĂ©flexe. Elle suppose surtout de dĂ©velopper des solutions europĂ©ennes dans des secteurs stratĂ©giques.

Le diagnostic a du sens, mais tout dĂ©pend de dĂ©tails très concrets : la taille des fonds, la capacitĂ© Ă  investir des centaines de millions d'euros, la mobilisation des investisseurs privĂ©s, et la qualitĂ© des entreprises financĂ©es. Voici donc ce que l'approche prĂ©sentĂ©e par Laloux tente de rĂ©soudre, ce qu'elle pourrait effectivement changer - et ce qu'il faudra surveiller de près.

Le vrai point de blocage est le financement de la croissance

Le dĂ©bat europĂ©en sur les startups tourne souvent autour de la crĂ©ation : incubateurs, programmes d'accompagnement, et tout ce qui aide Ă  passer de l'idĂ©e au produit. Utile, oui. Mais ça ne rĂ©pond pas Ă  la question la plus dure : comment financer une entreprise qui a dĂ©jĂ  prouvĂ© que son offre marche, et qui doit maintenant grandir vite et Ă  grande Ă©chelle ?

Pour Laloux, le goulot d'Ă©tranglement apparaĂ®t surtout entre les tours de type sĂ©rie B et sĂ©rie C. C'est lĂ  qu'il faut financer une expansion commerciale, muscler les Ă©quipes, investir dans la production, ou encore rĂ©pondre aux exigences de marchĂ©s internationaux. Les montants augmentent, et le risque reste rĂ©el : une entreprise "prometteuse" n'est pas forcĂ©ment encore rentable, ni dominante.

Pourquoi les tours tardifs sont différents

Quand une startup démarre, un fonds peut investir des montants plus modestes et répartir son risque sur plusieurs entreprises. À la croissance, les besoins deviennent plus lourds. Les tours doivent souvent être structurés avec des investisseurs capables de suivre plusieurs opérations importantes, et de "mettre plus" quand c'est nécessaire. Si le capital disponible localement ne suit pas, la startup doit soit trouver ailleurs, soit ralentir.

Et non : la participation d'investisseurs Ă©trangers n'est pas un problème en soi. Les capitaux circulent, et ils peuvent apporter des rĂ©seaux, des compĂ©tences, des dĂ©bouchĂ©s. Le vrai sujet, c'est quand l'Europe n'a pas, sur le long terme, suffisamment d'investisseurs capables de soutenir la croissance de ses propres entreprises. Ă€ ce moment-lĂ , une dĂ©cision d'investissement peut avoir des effets sur la localisation des sièges, les emplois, la propriĂ©tĂ© intellectuelle ou les centres de dĂ©cision - sans que ce soit "automatique" dans chaque dossier, mais assez frĂ©quent pour compter.

La souveraineté n'est pas l'autarcie

Laloux rappelle un point que le dĂ©bat public brouille souvent : la souverainetĂ© technologique ne veut pas dire protectionnisme. Elle consiste Ă  garder une capacitĂ© d'action dans des domaines oĂą une dĂ©pendance trop forte peut devenir un risque Ă©conomique ou stratĂ©gique. Il cite notamment les matières premières critiques et la rĂ©silience face aux cybermenaces.

Le raisonnement est simple : exclure systĂ©matiquement les investisseurs Ă©trangers ou favoriser une entreprise "parce qu'elle est europĂ©enne" peut rĂ©duire la concurrence et freiner l'innovation. Ă€ l'inverse, laisser les entreprises locales sans accès aux capitaux de croissance, c'est considĂ©rer que leur rĂ©ussite dĂ©pend uniquement du marchĂ© - alors que les marchĂ©s financiers sont eux-mĂŞmes organisĂ©s par des règles, des institutions et de gros investisseurs.

La question opĂ©rationnelle devient alors moins "faut-il choisir l'Europe ?" que "les entreprises europĂ©ennes peuvent-elles trouver ici des financements adaptĂ©s, sans couper les partenariats internationaux ?". C'est l'enjeu que l'European Tech Champions Initiative cherche Ă  traiter.

L'initiative européenne veut augmenter la taille des fonds

L'European Tech Champions Initiative (ETCI) est un fonds de fonds d'environ 4 milliards d'euros, soutenu par six États membres, avec l'appui du groupe Banque europĂ©enne d'investissement. Le dispositif ne finance pas directement chaque startup : il finance des fonds de capital-risque, qui investissent ensuite dans des entreprises.

Le mĂ©canisme crĂ©e un relais entre l'argent public et les investissements privĂ©s. Il permet de soutenir des gestionnaires de fonds : ceux-ci sĂ©lectionnent les entreprises et suivent leur trajectoire. En revanche, il ne garantit ni la qualitĂ© de chaque investissement, ni le succès des sociĂ©tĂ©s financĂ©es. Il augmente les moyens - mais pas la nature risquĂ©e du capital-risque.

Des fonds capables d'écrire des chèques plus importants

Le premier objectif est de faire émerger des fonds autour de 1 milliard d'euros. Avec une telle taille, un fonds peut engager davantage de capital par entreprise et participer à des tours plus importants. Il peut aussi garder des réserves pour les tours ultérieurs, plutôt que d'être obligé de sortir quand les besoins évoluent.

Selon Laloux, l'initiative a déjà soutenu 12 fonds. Ces véhicules détiennent des participations dans 15 entreprises européennes valorisées comme des licornes. Il indique aussi qu'on compte aujourd'hui environ trois fois plus de fonds européens autour de 1 milliard d'euros qu'il y a cinq ans.

Ces chiffres donnent une idée de la capacité du dispositif à attirer ou structurer des fonds de grande taille. Mais ils ne disent pas, à eux seuls, combien d'entreprises réussiront à grandir durablement, créer des emplois et rester en Europe. Pour juger l'impact, il faudra regarder les financements réellement déployés, les trajectoires des sociétés accompagnées, et dans quelle mesure les investisseurs privés prennent le relais.

Une version suivante, plus adaptée aux écosystèmes "moyens"

En novembre 2026, Laloux prévoit une deuxième version de l'initiative. Elle devrait aussi soutenir des fonds de 300 à 500 millions d'euros. L'idée est d'éviter de réserver les moyens aux seuls écosystèmes capables de réunir (ou d'absorber) des fonds d'un milliard.

C'est logique : tous les pays europĂ©ens n'ont pas le mĂŞme nombre de startups, la mĂŞme profondeur de marchĂ©, ni la mĂŞme capacitĂ© Ă  alimenter des dossiers capables d'atteindre de très grosses tailles. Imposer une taille unique risquerait de concentrer l'argent dans quelques hubs et de laisser de cĂ´tĂ© des entreprises pourtant pertinentes.

La deuxième version doit aussi intĂ©grer une plateforme permettant aux investisseurs institutionnels et privĂ©s de co-investir aux cĂ´tĂ©s des fonds soutenus. Le but : mobiliser plus largement l'Ă©pargne disponible. Le dĂ©fi sera de rendre la participation suffisamment simple et lisible, sans diluer la responsabilitĂ© des gestionnaires, qui sĂ©lectionnent les entreprises. Un mĂ©canisme de co-investissement n'a de valeur que si les rĂ´les, les risques et les modalitĂ©s de dĂ©cision sont clairs.

L'Italie illustre l'effet de levier recherché

L'Italie a contribué à hauteur de 150 millions d'euros. D'après Laloux, les fonds soutenus ont investi près de 600 millions d'euros dans sept entreprises italiennes. Trois de ces investissements auraient été réalisés avec des partenaires internationaux.

Ce montant ne signifie pas que chaque euro vient directement du fonds public italien. Il dĂ©crit les investissements effectuĂ©s par les fonds concernĂ©s, dans un montage oĂą les capitaux publics servent notamment Ă  renforcer des intermĂ©diaires capables de mobiliser d'autres ressources. C'est exactement l'effet de levier recherchĂ© : transformer une contribution publique en capacitĂ© d'investissement plus large.

Pourquoi les partenaires internationaux comptent

Le fait de voir des partenaires Ă©trangers intervenir sur trois opĂ©rations est prĂ©sentĂ© comme un signal positif pour l'Ă©cosystème italien. La lecture est plausible : lorsqu'un investisseur international entre au capital, il peut apporter autre chose que de l'argent - des connaissances de marchĂ©s Ă©trangers, des contacts commerciaux, et parfois une crĂ©dibilitĂ© supplĂ©mentaire.

Mais l'origine des investisseurs n'est pas, à elle seule, un indicateur de qualité. On doit aussi regarder les conditions de financement, la capacité des entreprises à poursuivre leur croissance, et les retombées locales. Un tour international peut être une force si ces partenaires complètent les capacités européennes. Ça devient plus délicat si, à mesure que les tours suivants arrivent, les acteurs locaux ne peuvent plus jouer un rôle significatif.

Cette nuance vaut aussi pour la France. Les startups de la French Tech ont besoin d'accéder aux capitaux internationaux, mais elles ont aussi intérêt à s'appuyer sur des fonds européens capables de les accompagner au-delà des premiers tours. Il ne s'agit pas d'opposer investisseurs français, européens et étrangers. Le vrai sujet est d'avoir un marché suffisamment profond pour que les entreprises puissent choisir leurs partenaires plutôt que de subir une pénurie de financement.

Un marché des capitaux encore fragmenté

Toujours Ă  la mĂŞme confĂ©rence, Vittorio Colao a plaidĂ© pour un marchĂ© europĂ©en des capitaux unifiĂ©. Le lien avec les startups est direct : quand les marchĂ©s restent fragmentĂ©s, les investisseurs composent avec des cadres nationaux et des conditions d'accès variables. RĂ©sultat : il devient plus difficile de constituer des fonds très importants et de faire circuler le capital Ă  l'Ă©chelle du continent.

Un fonds de fonds peut aider à traiter une partie du problème. Il ne remplace pas les réformes nécessaires pour rendre les marchés européens plus intégrés, ni les conditions locales qui permettent aux entreprises de recruter, vendre et se développer. Les instruments de financement sont donc une pièce - pas une politique industrielle complète.

Dette, IA et secteurs stratĂ©giques : oĂą va le capital

Le capital-risque n'est pas le seul levier mobilisé par le groupe BEI. Laloux mentionne aussi la dette de capital-risque, ou venture debt. Elle vise des entreprises qui ont déjà des investisseurs et des perspectives de croissance, mais qui veulent compléter leurs financements sans faire immédiatement une nouvelle levée de fonds en capital.

Selon lui, le groupe propose des prĂŞts dont le remboursement ne commence pas avant au moins cinq ans. PlutĂ´t que de compter uniquement sur un taux d'intĂ©rĂŞt Ă©levĂ©, le prĂŞteur peut aussi recevoir des bons de souscription d'actions (ou un mĂ©canisme similaire), dont la valeur dĂ©pend du succès de l'entreprise. Les modalitĂ©s varient selon les opĂ©rations : il faut regarder le coĂ»t total, les garanties, et la dilution potentielle avant de comparer cette dette Ă  une levĂ©e "classique".

Le groupe intervient aussi sur la structuration de la partie en fonds propres du financement du Conseil européen de l'innovation (EIC) pour les startups en phase précoce. Ces outils ne répondent pas aux mêmes profils. Une subvention, un investissement en capital, et un prêt ne financent pas les mêmes risques - et n'imposent pas les mêmes obligations.

Les secteurs identifiés par le FEI

Laloux cite plusieurs domaines attirant davantage de capitaux : climat, sĂ©curitĂ© et dĂ©fense, espace et biotechnologies. Il estime que la valeur des entreprises europĂ©ennes de technologies profondes aurait progressĂ© d'environ 1 000 milliards d'euros Ă  4 000 milliards en cinq ans, et que ce segment aurait avancĂ© plus vite que le reste de l'Ă©conomie.

Ce chiffre doit ĂŞtre pris pour ce qu'il est : une estimation formulĂ©e par Laloux lors de l'Ă©vĂ©nement, pas une mesure dĂ©taillĂ©e avec mĂ©thode de calcul fournie dans un document public accessible ici. Une valorisation agrĂ©gĂ©e ne correspond pas Ă  de la trĂ©sorerie disponible, et elle ne garantit pas que chaque entreprise pourra lever Ă  cette valorisation. Cela dit, elle donne une idĂ©e de l'attention croissante pour ces technologies.

Les fonds soutenus par le groupe BEI ont, d'après Laloux, participé au financement d'Isar Aerospace, dont la fusée Spectrum a été lancée depuis la Norvège. Dans l'espace, comme en biotechnologies ou dans les technologies climatiques, les cycles sont longs et les besoins financiers importants. Si le marché de capitaux s'arrête trop tôt, des projets prometteurs peuvent rester bloqués entre prototype et mise sur le marché.

IA, sécurité et transition écologique

Pour le FEI, quatre prioritĂ©s ressortent : intelligence artificielle, santĂ© et biotechnologies, sĂ©curitĂ© et dĂ©fense, et technologies propres. Laloux considère que l'Europe ne peut pas se permettre d'ĂŞtre exclue de l'IA, notamment parce que cette technologie peut amĂ©liorer la productivitĂ©.

Sur la rĂ©glementation, sa position Ă©vite deux extrĂŞmes : ne rien encadrer, ou au contraire freiner l'expĂ©rimentation. En pratique, les entreprises doivent pouvoir comprendre les règles, tester leurs produits et investir - tout en prenant au sĂ©rieux les risques pour les personnes et les organisations. Pour les startups europĂ©ennes, la prĂ©visibilitĂ© rĂ©glementaire compte autant que la disponibilitĂ© des financements.

Laloux indique aussi que la Banque europĂ©enne d'investissement a rĂ©servĂ© 3 milliards d'euros aux gigafactories europĂ©ennes d'IA. Cette enveloppe s'inscrit dans une logique d'infrastructures et de capacitĂ© de calcul. Mais, Ă  elle seule, elle ne règle pas tout : donnĂ©es, talents, dĂ©bouchĂ©s commerciaux, et coĂ»ts Ă©nergĂ©tiques. Financer les infrastructures, oui - mais encore faut-il que des entreprises sachent les utiliser et qu'il existe un marchĂ© pour leurs solutions.

Ce que cette stratégie peut résoudre - et ce qu'elle ne résout pas

Ce que Laloux dĂ©crit vise un problème prĂ©cis : le manque de capitaux capables d'accompagner les startups europĂ©ennes au stade de la croissance. L'approche combine fonds de fonds, co-investissement, dette de capital-risque et soutien Ă  des instruments destinĂ©s aux phases prĂ©coces. Cette diversitĂ© a du sens : une startup de biotechnologie, une entreprise de cybersĂ©curitĂ© et une sociĂ©tĂ© de logiciels n'ont ni les mĂŞmes besoins ni le mĂŞme calendrier.

Mais agrandir la taille des fonds ne suffit pas à "garantir" une meilleure qualité d'investissement. Les équipes de gestion doivent avoir une vraie connaissance sectorielle, l'accès à des dossiers solides, et la capacité d'accompagner les entreprises au-delà de la transaction. Un gros fonds mal déployé peut immobiliser du capital sans renforcer durablement l'écosystème.

Les indicateurs Ă  suivre

Pour Ă©valuer l'initiative, les montants engagĂ©s et le nombre de licornes sont des indicateurs visibles, mais pas suffisants. Il faudra aussi suivre :

  • la part des capitaux rĂ©ellement investie dans des entreprises, par rapport aux engagements annoncĂ©s ;
  • la capacitĂ© des fonds Ă  participer aux tours suivants ;
  • la mobilisation de capitaux privĂ©s et institutionnels en complĂ©ment des fonds publics ;
  • la diversitĂ© gĂ©ographique et sectorielle des entreprises financĂ©es ;
  • la croissance commerciale, les emplois et les activitĂ©s dĂ©veloppĂ©es en Europe ;
  • le coĂ»t des financements, y compris la dilution ou les droits liĂ©s aux instruments utilisĂ©s.

Ces éléments permettent de distinguer la "taille" d'un programme de son effet réel. Et ils peuvent aider les fondateurs à voir si un dispositif correspond à leur situation, plutôt que de partir du principe qu'un label "financement européen" suffit.

Pour une startup, le financement n'est pas une stratégie produit

Du point de vue d'un dirigeant, lever plus d'argent n'est pas toujours la bonne décision. Un tour important peut accélérer l'expansion, mais il augmente aussi les attentes, donc le coût - et le risque - si l'entreprise ne tient pas le rythme. La dette peut limiter la dilution, mais elle ajoute des obligations financières et peut inclure des bons de souscription. Au final, tout dépend du modèle économique, du calendrier des revenus et du niveau de risque que l'entreprise peut absorber.

La question de fond reste donc opĂ©rationnelle : quel obstacle le financement doit-il lever ? AccĂ©lĂ©rer les ventes, construire une usine, recruter une Ă©quipe de recherche ou financer une certification ne rĂ©clament pas la mĂŞme structure de capital. Une entreprise a intĂ©rĂŞt Ă  comparer les options en regardant le montant, l'Ă©chĂ©ancier, la dilution, les remboursements et la libertĂ© de dĂ©cision que chacune implique.

Le rôle d'un programme public n'est pas de remplacer l'analyse de l'entreprise. S'il aide des fonds européens à accompagner des sociétés viables sans dicter leurs choix commerciaux, il peut renforcer l'écosystème. S'il devient une fin en soi - mesurer le succès uniquement au nombre de milliards annoncés - il risque de financer des structures plutôt que des capacités économiques durables.

Conclusion

L'Europe ne manque pas seulement d'idées ou de startups. Elle doit aussi construire des circuits de financement capables de suivre les entreprises quand elles deviennent plus coûteuses - et plus difficiles à accompagner. L'European Tech Champions Initiative cherche à combler une partie de ce manque en soutenant des fonds plus importants, tout en ouvrant la porte à des véhicules de taille intermédiaire et à de nouveaux co-investisseurs.

Au final, la stratégie sera jugée sur ce qu'elle permet de financer concrètement, pas sur les montants annoncés. Pour les fondateurs, le bon réflexe reste de comparer les instruments selon le besoin réel, le coût et les conséquences sur le contrôle de l'entreprise. Pour les investisseurs et les décideurs publics, l'enjeu est de vérifier que le capital mobilisé devient des entreprises capables de vendre, d'innover et de grandir en Europe.

Pour approfondir les propos de Jean-Christophe Laloux, consultez l'article de The Next Web consacré à son intervention à Turin.

Questions frequentes

L’European Tech Champions Initiative est un fonds de fonds soutenu par le groupe Banque européenne d’investissement et six États membres. Elle finance des fonds de capital-risque européens afin qu’ils puissent investir des montants plus importants dans des startups en phase de croissance.
Les entreprises qui passent des séries B à C doivent financer leur expansion, leurs équipes et parfois leur production. Des fonds importants peuvent participer à ces tours et accompagner les sociétés dans la durée, au lieu de les contraindre à rechercher tous leurs capitaux hors d’Europe.
Elle ne signifie pas le protectionnisme ou l’isolement. Elle consiste à préserver une capacité européenne à développer des solutions dans des domaines stratégiques, comme les matières premières critiques, la cybersécurité, l’IA ou la défense, tout en restant ouverte aux partenariats internationaux.
La dette de capital-risque est un prêt destiné à des startups en croissance, souvent utilisé en complément d’une levée de fonds. Le groupe BEI indique proposer des prêts dont le remboursement ne commence pas pendant au moins cinq ans, avec des conditions pouvant inclure des bons de souscription liés au succès de l’entreprise.

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